Fonctionnalités écologiques - RNNPM

Fonctionnalités écologiques

Les fonctionnalités écologiques sont tous les processus biologiques qui assurent le bon fonctionnement et le maintien des écosystèmes et qui, directement ou en cascade, garantissent la survie de l'homme. Ces processus sont étroitement imbriqués les uns les autres avec des liens d'interdépendance parfois très importants. D'où la nécessité impérieuse de bien comprendre et de protéger l'ensemble des fonctionnalités écologiques si l'on souhaite préserver les richesses et les ressources offertes par la nature. 

Dans la RNNPM, on peut regrouper les fonctionnalités écologiques en 4 grandes catégories :

  • Les fonctions de régulation

Ce sont les processus écologiques de base, les systèmes de soutien de la vie. C'est de là qu'est tirée la notion de “services écosystémiques” regroupant tous les avantages socio-économiques directs et indirects que les écosystèmes procurent gratuitement aux populations humaines. Par exemple : la photosynthèse des végétaux permet la régulation des gaz, les plantes aquatiques permettent une filtration de l’eau, les arbres de bord de rivières réduisent l'intensité des crues, des insectes permettent la pollinisation des cultures tandis que d'autres assurent le recyclage biologique des déchets organiques....

  • Les fonctions d'habitats

C'est la notion de “biotopes”. L'extraordinaire biodiversité de la RNNPM est due à la grande variété et aux contrastes marqués entre les habitats naturels qui la composent : des milieux ouverts (dalles rocheuses, pelouses sèches, prairies humides, garrigues, landes) aux milieux forestiers (chênes-lièges, pinèdes, ripisylves en bordure de cours d'eau, peuplement de peupliers trembles) en passant par les milieux buissonnants (maquis), sans oublier les milieux humides permanents (lacs, rivières) mais aussi temporaires (mares, ruisselets temporaires).

Chacun de ces habitats naturels, imbriqués les uns aux autres, abrite des espèces animales et végétales parfois très spécifiques passant de l'un à l'autre en fonction des saisons et de leurs besoins (refuge, nourriture, reproduction, repos diurne ou nocturne....). Ainsi, si l'on veut protéger les espèces, c'est l'ensemble de la mosaïque de leurs biotopes qu'il faut préserver.

  • Les fonctions de production

Ce sont toutes les ressources naturelles que l'homme utilise. Ainsi le bois sert de matériau de construction ou de ressource d'énergie, le liège du chêne est levé pour confectionner des bouchons ou servir d'isolant, les plantes constituent un vaste réservoir pour élaborer des médicaments, des parfums... ou de bons petits plats !

  • Les fonctions d'information 

C'est la faculté de la nature à nous offrir des opportunités de développement cognitif. La peinture, la littérature, la poésie, la musique mais aussi les avancées scientifiques et les biotechnologies. Sans compter le plaisir simple mais ô combien ressourçant d'une simple balade au bord d’un lac ou en forêt.

 

La complémentarité des fonctionnalités écologiques entre la plaine et le massif des Maures

La partie sud de la RNNPM constitue le piémont du massif des Maures qui remonte sur les ubacs, versants orientés au nord. L’importance écologique de cette interface est fondamentale à plusieurs titres : l'humidité du massif réduit l'impact de la sécheresse de la plaine pour de nombreuses espèces ; certaines espèces comme les chauves-souris ou les rapaces forestiers se déplacent d'une zone à l'autre en fonction de leurs besoins en se servant des “coulées boisées”, des vallons descendants du massif pour pénétrer au cœur de la plaine ; le brassage génétique des populations est amélioré.

C'est ce que l'on appelle un corridor écologique (notion de trame verte et bleue). Il est important que ces corridors ne soient pas éclairés pour constituer, en plus, une trame dite “noire” où les espèces fuyant la lumière se déplacent.